Le cerveau, «il ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, c’est le contraire des piles», a lancé le Dr Étienne Hirsch, président du conseil scientifique de la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC), à l’occasion de la nouvelle campagne d’appel aux dons (Neurodon) du 10 au 16 mars prochain. Extrêmement plastique, doté d’un réseau incroyablement complexe de cent milliards de neurones, il évolue en permanence de la naissance à la mort pour s’adapter à notre environnement et aux expériences vécues par chacun : si 10 % des connexions interneuronales existent à la naissance, les 90 % restantes résultent des influences rencontrées tout au long de notre vie. Cette remarquable plasticité lui permet aussi de compenser en partie les effets d’une lésion.
La FRC a choisi cette année de mettre l’accent sur la stimulation cérébrale profonde, pour laquelle les Français sont des leaders incontestés. Mise au point dès la fin des années 1990 par une équipe française, celle du Pr Alim Louis Benabid et du Pr Polak à Grenoble, cette technique a totalement transformé la prise en charge de certains patients atteints de maladie de Parkinson. Avec aujourd’hui une extension mesurée des applications de cette technique à certains troubles obsessionnels compulsifs et certains tics (maladie de Gilles de la Tourette) ainsi que dans le domaine de la neurochirurgie. Il s’agit d’une stimulation électrique «à haute fréquence» délivrée à l’aide d’électrodes très fines qui vont traverser une partie de l’encéphale (sans les léser) pour atteindre des zones cérébrales profondes. Elle a permis, chez un petit nombre de malades parkinsoniens dûment sélectionnés, de supprimer tremblement ou rigidité.


